© 2016 - 2019 by Véronique L'Hoste.

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Stigmates 
2014 - 2017

Je me suis rendue le long des côtes picardes et normandes afin d’amorcer une première phase de production photographique du projet Stigmates. Mon intérêt s’est porté sur le littoral, sur sa végétation, sur ces paysages témoins de nombreuses traces de la Seconde Guerre mondiale.

 

Suite à la lecture du journal de bord manuscrit de mon grand-père paternel, rédigé entre 1939 et 1945, je me suis appropriée certaines parties de son histoire avant qu’il soit fait prisonnier et qu’il connaisse la douloureuse expérience de privation de liberté. Griffonnés, raturés, les mots sont comme cachés, à l’image de ce journal secrètement enfoui au fond d’une armoire pendant des dizaines d’années.

 

Cette atmosphère particulière imprègne chaque photo de la série Stigmates, qui se construit également autour d’associations dans la composition, les couleurs, les idées, et non à travers une succession d’images chronologiques. S’y côtoient ainsi photos d’archives familiales et productions personnelles, volontairement maltraitées ou sous forme d’autoportraits. Vêtue de blanc, une présence humaine apparaît puis disparaît sur l’image suivante, pour laisser place à un décor empli d’une charge mémorielle ou tout simplement méditative. Le blanc suggère le silence, le spectre de l’âme, mais peut aussi faire figure de nouveauté, de renaissance.

 

 

Stigmata

 

I went along the Picardy and Normandy coasts (in France) in order to start a first photographic serie for the Stigmata project. I focused on the littoral, its vegetation, and those landscapes, witnesses of the Second World War.

 

 After reading the diary that my paternal grandfather’s hand-wrote between 1939 and 1945, I seized some parts of his history before he was made prisoner and he experienced the painful loss of liberty. Scribbled, crossed out, the words were hidden, just like his diary, secretly buried for decades in an old wardrobe.

 

This special atmosphere penetrates each photograph of the serie Stigmata, which is built around associations in the composition, colors, ideas, instead of a chronological succession of images. Family archives’ photographs and personal productions, deliberately unprocessed or presented as self-portraits, are collected here. Dressed in white, a human presence appears then disappears on the next image, conveying emotions linked to remembrance or meditation. The white color suggests silence, the spectrum of the soul, but also embodies revival and rebirth.