© 2016 - 2019 by Véronique L'Hoste.

  • Noir Facebook Icône

Translations 
2017 - 2019

Un lieu. Anodin, œuvre de la main de l’homme. Où sommes-nous ? Dans un espace périurbain indéfinissable : une zone commerciale, industrielle, des bureaux ? Peu importe. C’est un monde sans âme, où il ne fait bon ni vivre ni travailler. On voudrait n’y être que de passage ou s’en échapper au plus vite. Ici, la nature n’impose que rarement sa présence, un bout de ciel souvent nuageux, un carré d’herbe domestiquée, quelques arbres au loin, comme autant de vestiges d’une ère en perdition. Les hommes et les femmes qui habitent aléatoirement ce lieu y font figure d’intrus. Tels des corps dénués d’esprit, figés et les bras ballants, ils semblent avoir atterri là par erreur, comme s’ils avaient été télétransportés. 

 

Dans certaines images, des interférences perturbent notre vision, introduisant le doute. Fruits de diverses manipulations – surimpressions, photomontages, glitches… –, elles agissent comme des parasites. Une nouvelle fois, on s’interroge : où sommes-nous ? Un autre monde se dessine, ni tout à fait le même ni tout à fait autre. La frontière entre ces deux univers est ténue. Peuvent-ils communiquer ; est-il possible de passer de l’un à l’autre ?

 

En limitant les indices spatiaux-temporels, Véronique L’hoste brouille nos repères pour mieux nous ouvrir les portes d’un ailleurs qui n’apparaît pourtant ni idéal ni parfait. A l’heure de la réalité augmentée et de l’intelligence artificielle, tout est possible : la fiction transcende le réel et le faux devient vraisemblable. Prenant acte que les nouvelles technologies ont altéré notre expérience du réel et notre matérialité physique, Véronique L'hoste s’interroge : comment habiter le monde ? 

 

La série intitulée Translations ouvre des failles dans lesquelles notre imagination s’engouffre proposant une alternative à la réalité. Au spectateur de se laisser guider et d’accepter de vivre une expérience.

 

Scénographie

A ce jour, Véronique L’hoste conçoit la restitution de ce travail sous la forme d’une exposition-installation mêlant projections et tirages dans laquelle un parcours serait imposé au visiteur. A la fois spectateur et acteur, celui-ci pourrait interagir sur l’œuvre grâce à la mise en place de différents dispositifs.

A place. Insignificant, work of the hand of man. Where are we? In a nondescript urban space: a commercial, industrial area, offices? It doesn’t matter. It is a world without a soul, where it’s neither good to live nor work. We would like to be there only of passing or escape from it as quickly as possible. Here, nature rarely imposes its presence, a piece of sky often cloudy, a patch of domesticated grass, a few trees in the distance, like so many vestiges of an era in perdition. The men and women who randomly inhabit this place are considered intruders. Like bodies devoid of spirit, frozen and their arms swaying, they seem to have landed there by mistake, as if they had been teletransported. 

 

In some images, interferences disturb our vision, introducing doubt. The fruits of various manipulations – overprints, photomontages, glitches… – they act like parasites. Once again, we wonder: where are we? Another world is emerging, neither quite the same nor quite the other. The boundary between these two universes is tenuous. Can they communicate; is it possible to pass from one to the other?

 

By limiting the spatial-temporal indices, Véronique L’hoste blurs our marks to better open the doors to us from elsewhere that appears neither ideal nor perfect. At the time of augmented reality and artificial intelligence, everything is possible: fiction transcends reality and the false becomes plausible. Noting that the new technologies have altered our experience of reality and our physical materiality, Véronique L’hoste wonders: how to inhabit the world?

 

The series entitled Translations opens up loopholes in which our imagination rushes in proposing an alternative to reality. It’s up to the spectator to be guided and to accept an experience.

 

Scenography

To date, Véronique L’hoste has conceived the restitution of this work in the form of an exhibition-installation combining projections and prints in which a path would be imposed on the visitor. Both spectator and actor, the latter could interact on the work thanks to the setting up of different devices.